Thibaut Derien

Le Comte d'Apothicaire

Digipack - 2010

Thibaut DERIEN revient avec ce troisième album placé sous le signe de l'énergie musicale. Un album cohérent, à l'orchestration sobre mais efficace, belles cordes et guitares sauvages. Les textes oscillent entre mélancolie omniprésente et regard distancié, ironie du jeu de mot et élégance désabusée.

10,00 € TTC

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  • Après 'Instants fanés' en 2003 et 'L'éphéméride' en 2005 avec le groupe DE RIEN, produits et édités par le légendaire Max AMPHOUX, qui l'a découvert, Thibaut DERIEN récupère son prénom et revient avec un troisième album, 'Le Comte d'Apothicaire', placé sous le signe du détachement classieux, du sourire en coin et de l'énergie musicale.

    Pour cet album, des compositeurs de choix se sont emparés de sa poésie nonchalante et amusée : si Bertrand LOUIS (qui a aussi de beaux albums solos à son actif) signe des mélodies d'une redoutable efficacité et réalise l'album, on reconnaît Cyril GIROUX (leader du groupe Illico) à l’énergie communicative de ses rythmiques, tandis que Benjamin SCAMPINI et Marcel LÜSCHER offrent des ambiances harmoniques colorées, presque expressionnistes. Enfin, un titre surprise, 'Le goût de la vie', purement Gainsbourien, signé Alberto STEVENATO, nous laisse entrevoir un autre aspect du talent d'interprète de Thibaut DERIEN.

    Ajoutons des invités de choix, CLARIKA et François HADJI-LAZARO, qui lui donnent la réplique dans deux duos enlevés et doux-amers, et l'équipe est au complet.

    Malgré ce foisonnement de participants, la cohérence de l'album est complète, non seulement grâce à une orchestration sobre mais d'une efficacité confondante, partagée entre les cordes d'Illico et des riffs de guitare qui donnent envie de se prendre pour Tarantino, mais aussi parce que chacun a réussi à mettre en valeur à sa manière des textes à la patte déjà reconnaissable, en en respectant toutes les finesses et les aspérités.

    Côté texte justement, on oscille toujours entre une mélancolie omniprésente et un regard distancié, une ironie portée par un style à la fois littéraire et gouailleur, toujours à l'affût du jeu de mots ou de l'assonance qui feront mouche, surprendront, tiendront en haleine, donneront envie d'en écouter une de plus, une encore, allez après j'arrête, bon, encore celle-là, cette fois j'y vais, encore une, ah, c'est déjà la fin du disque ?

    On l'aura compris, avec Thibaut DERIEN, si on sourit c'est avec élégance, tant l'humour est subtil, mais si on est mélancolique, on est quand même heureux de l'être, tant le pire n'est pas si grave ! L'énergie le dispute toujours à la flemme chez celui qui revendique son poil dans la main, son droit à regarder passer le temps en fuyant les train-trains quotidiens. Qui rêve d'un dérisoire et bien proche Far West en laissant s'effilocher son cœur d'artichaut. Mais qui, pour finir, va noyer ses peines avec les copains dans une tonitruante et légendaire Rue Germain Pilon.


    On sort en tout cas de cet album autrement qu'on y est entré, reconnaissants, pas moins conscients du temps qui passe ou de nos misères, mais plus légers de sentir qu'on partage certaines idées grises avec quelqu'un qui sait si bien nous en griser. Et avec l'irrépressible envie de siffloter quelques refrains enjoués…

    'Alors on chantait,

    toute la nuit pour changer de destination…'

    (Rue Germain Pilon)

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